Suite au stage de hip hop qui s’est déroulé aux vacances d’hiver, certains élèves ont été choisis pour intégrer le groupe Ligne 2 Mire élite.

 

Erika (aka Akiré) et Anaïs sont deux danseuses membres de l’association mais elles travaillent également avec d’autres groupes (respectivement YUDAT et Paradox-sal). Elles ont répondu à nos questions suite à une répétition avec le groupe Ligne 2 Mire élite…

 

Depuis quand dansez-vous ?

 

Anaïs : J’ai commencé il y a douze ans dans ma ville, à Montrouge, et j’ai connu Barou un an après.

Erika : Moi, j’ai commencé petite, à onze ans, en Italie, et je suis arrivée en France il y a cinq ans. On peut dire que je fais vraiment du hip hop depuis environ six ans.

 

Quels styles de danse pratiquez-vous ? Par quoi avez-vous commencé et comment avez-vous évolué ?

 

Erika : J’ai commencé par la danse classique et la modern jazz. Après, j’ai fait un peu de hip hop mais dans ma ville, en Italie, la culture hip hop n’existait pas réellement, ça ressemblait plutôt à du LA style ou du street jazz. Ensuite, j’ai déménagé à Rome et à Bologne, toujours pour la danse, avant d’arriver à Paris où j’ai vraiment découvert la danse et la culture hip hop, en prenant des cours et en découvrant le monde du freestyle.

Anaïs : Avant de prendre des cours de danse, j’ai commencé par les danses latines, à l’occasion de fêtes de famille : salsa, bachata et merengue. Sinon, au niveau des cours de danse j’ai directement commencé par le hip hop, dans ma maison de quartier. C’était du hip hop, new style, hype et floorwork (tout ce qui est au sol). Ensuite, en arrivant au lycée, j’ai voulu apprendre les danses académiques, donc j’ai fait Danse-études. C’est comme Sport-études, mais version danse : le matin je faisais le programme d’une journée, ce qui me permettait d’aller à l’école de danse l’après-midi et de faire du classique, contemporain, modern jazz. Ensuite, j’ai continué avec mon groupe et plus tard, à vingt-trois ans, je me suis inscrite à l’AID, en formation de danses académiques aussi. C’est une école sur Paris et tous les matins je faisais les danses académiques et l’après-midi j’avais house, hip hop, break et pop. Depuis quelques années, je me suis spécialisée en house mais j’ai quand même gardé mon hip hop et mon sol.

 

Saviez-vous depuis petite que vous serez danseuses professionnelles ou c’est venu progressivement ?

 

Erika : Je le savais depuis petite. La première fois que j’ai dansé c’était à l’église, pour un spectacle de fin d’année, à Noël. J’ai ressenti quelque chose mais j’étais petite et je ne pouvais pas l’expliquer mais je savais que je voulais danser toute ma vie. Après, danser à un niveau professionnel, c’est arrivé un peu plus tard, mais j’ai toujours voulu danser.

Anaïs : Alors, moi, pas du tout. J’ai commencé super jeune le hip hop et j’ai vraiment beaucoup dansé entre mes douze et dix-huit ans, mais vraiment tout le temps. À mes dix-huit ans, j’en ai eu assez et j’ai tout arrêté pendant deux ou trois ans pour faire du basket en parallèle de mes études. J’étais dans une fac de sport donc j’en faisais beaucoup et je n’avais plus le temps pour faire de la danse. Je me posais des questions : j’ai toujours aimé la danse, même avant de prendre des cours, mais je ne voulais pas être danseuse professionnelle. Le monde de la danse ne me convenait pas. Mais, quand j’ai arrêté la danse, ça m’a énormément manqué. On m’a dit : “Allez, viens t’entraîner” et je suis revenue, mais je ne pensais toujours pas que je serai danseuse. C’est un an après, en finissant mon master, je me suis dit : “Mais en fait je fais des études juste pour faire des études, ce que je veux faire c’est danser”. J’ai eu un déclic. Je savais que je danserai jusqu’à la fin de mes jours : tant que je suis debout, je danse. Mais danseuse ? Non. Et aujourd’hui ça va faire trois ans que je suis danseuse professionnelle.

Que cherchez-vous à transmettre par la danse aux élèves en tant que professeures ? 

 

Erika : J’essaye de partager ma vision de la danse et de dire aux élèves qu’il n’y a pas de cases dans la danse. Soit on est danseur à 100%, soit on ne l’est pas, il ne faut pas se limiter à un style de danse auquel on s’identifie. J’essaye de partager le bagage personnel des connaissances de la danse que j’ai acquises.

Anaïs : Quand j’étais plus jeune, on m’a tellement donné (comme Barou, Christian, Baba…), on m’a éduquée en me transmettant beaucoup d’informations donc ça me semble logique de donner à mon tour. Avant même d’avoir l’âge légal d’enseigner, quand j’étais encore débutante et que je n’avais pas grand chose, je donnais : le savoir ne sert pas à être gardé. On donne, donc tu redonnes, tu partages. Et puis, pour la culture hip hop c’est la base, je pense. J’ai passé beaucoup plus d’heures à m’entraîner dans une salle qu’à prendre des cours, le savoir c’est gratuit. Après, ça dépend de la culture du pays, mais pour moi, c’est normal. J’ai donc je donne. Que ce soit en danse ou pas d’ailleurs, c’est valable avec toutes les expériences du quotidien. 

 

Comment définiriez-vous votre style de danse? 

 

Anaïs : Si je devais dire un mot, je dirais “hip-house” parce que c’est un mélange de hip hop et de house, mais c’est plus complexe. Comme disait Erika, on tombe vite dans des cases et styles de danse : “toi t’es ça, toi t’es ça, etc”, et j’ai eu pas mal de problèmes avec ça. J’ai commencé avec le hip hop, la hype, puis je suis arrivée dans un groupe de house où on m’a dit que j’étais trop hip hop ; quand je faisais du hip hop on me disait que j’étais une houseuse. À chaque fois on te met des cases, donc je dis “hip-house” parce que ça rejoint les deux styles. Mais sinon je préfère dire que je fais ma danse parce que plus ça va, et plus je mélange avec d’autres styles. Si tu t’identifies à un style danse, on va te dire : “Non c’est pas ça”, alors que si tu dis “Je fais du Anaïs”, qui va te contredire ?

Erika : Très d’accord avec Anaïs, donc on va dire que je fais du Akiré ! Mais si je dois définir en trois mots mon style, je dirais fluidité, élégance et liberté.

 

Qu’est-ce que la danse pour vous ?

 

Erika : C’est une manière d’exprimer certaines choses que je n’arrive pas à exprimer avec des mots. C’est un langage corporel. Quand je ressens le besoin d’exprimer quelque chose, c’est une manière pour moi d’extérioriser mes émotions, une partie de moi.

Anaïs : Pour moi la danse, c’est la base, je n’arrive pas à imaginer la vie sans danse, sans les fêtes,… Il y a toujours eu de la danse chez moi, je ne réfléchissais pas à danser, c’était normal. Tout le temps, que ce soit toute seule, avec des copines, avec mes parents… même avant de prendre des cours de danse. Mais, depuis quelques années, ça rejoint ce que dit Erika : j’ai des choses à dire. Je suis une pipelette mais pas une bonne oratrice. Pour m’exprimer sur des sujets plus sérieux qui me touchent, je préfère le faire par la danse. C’est une manière de m’exprimer mais, dans mon éducation, c’est normal de danser. 

 

Rédigé par Aurélie PARNEIX